Retraites : FO vous répond

05/12/2019

Dans le contexte de sa mobilisation du 5 décembre, la confédération Force Ouvrière a mis en ligne une série de « Questions/Réponses sur la réforme des retraites » https://www.force-ouvriere.fr/retraites-fo-vous-repond


Un euro cotisé donnera les mêmes droits ?

Le slogan maintes fois répété par les promoteurs de la réforme « un euro cotisé donnera les mêmes droits » masque plusieurs réalités.

En effet, la retraite de base ne sera plus, comme aujourd'hui dans le secteur privé, calculée sur les 25 meilleurs années, ou sur les six derniers mois dans la Fonction publique. Ces modes de calculs conduisent aujourd'hui à un taux de remplacement - le rapport entre la pension et le dernier salaire - qui est équivalent entre public et privé. Dans le système par points, chacun devra acheter ses points tout au long de sa vie active. Y compris dans les périodes difficiles, quand on a du mal, jeune, à entrer dans la vie active, quand on n'a qu'un petit salaire, un temps partiel imposé ou un petit boulot comme indépendant.

Le nombre de points - le capital constitué tout au long de la vie professionnelle - il faut noter au passage la terminologie ! - ce capital, donc, dépendra de la valeur d'achat du point. Et, le moment venu, la pension dépendra de la valeur de service au moment de la conversion des points en retraite qui sera elle déterminée par le cadrage financier décidé par le gouvernement et voté par le parlement.

Alors, on l'a compris : petit salaire vaudra maigre capital de points et petite retraite.

Le nouveau système ouvre-t-il la porte aux fonds de pension ?

Le système proposé incite au développement de la capitalisation puisqu'il ne garantit pas un niveau minimum satisfaisant pour le taux de remplacement, ce qui peut conduire les salariés, soit à privilégier l'épargne individuelle soit à réclamer dans les plus grandes entreprises, le renforcement des dispositifs de retraite supplémentaire.

Le rapport Delevoye annonce que « les employeurs et les salariés qui le souhaitent pourront compléter le niveau de retraite par la mise en place de dispositifs collectifs d'épargne retraite ». Cela a le mérite d'être clair. Les entreprises et assurances y pensent déjà pour les plus hauts salaires dans un premier temps puisque le la cotisation Agirc-Arrco, qui va jusqu'à huit plafonds du Smic sera supprimée, ce qui pénalisera la retraite complémentaire actuelle des cadres concernés.